L’alcool

Je suis ravie de vous retrouver pour ce troisième volet de notre petit trio franchouillard consacré cette fois à l’alcool.

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L’alcool n’est pas une catégorie d’aliment comme une autre. Même si comme d’autres, elle fait l’objet de recommandations et règlementations, elle est aussi source de fantasmes et il est difficile d’aborder l’alcool uniquement sous l’angle nutritionnel.

Aspect social, psychologique et culturel de la consommation d’alcool

Notre société, un peu schizophrène sur les bords, valorise sa consommation tout en la réprimant. Il suffit de noter dans les films et les séries les moments où l’alcool est présent et présenté sous un angle positif, souvent d’ailleurs consommé par des femmes « entre copines », l’alcool peut alors être perçu comme vecteur de lien social. Dans les repas, les apéros, difficile de ne pas consommer d’alcool sans passer pour le rabat-joie de service (une fois qu’on a éliminé la possibilité d’une grossesse) et la tentation peut être forte d’en consommer pour avoir l’air cool. C’est d’autant plus vrai quand on est jeune mais pas seulement.
Au-delà de l’aspect relationnel, il est certain que l’alcool détend, désinhibe (enfin dans une certaine mesure de consommation) et c’est parfois tentant de faire appel à ses pouvoirs après une dure journée ou dans une soirée où on ne connait pas grand monde par exemple.

Et puis consommer de l’alcool est culturel. On a toujours vu nos parents, nos grands-parents en consommer au quotidien ou dans les fêtes de famille, associant de fait ce produit à des souvenirs, à la tradition, à la convivialité.
Il faut dire que notre pays tient une bonne place sur le podium dans ce domaine.

La France est en effet le 1er producteur mondial (à égalité avec l’Italie), et aussi le 1er consommateur mondial avec une consommation de 2,6 verres par jour par personne adulte. Mais sa consommation est dans le même temps la 3ème cause de mortalité dans notre pays. Alors, sans diaboliser l’alcool (que je consomme et apprécie moi aussi), ce n’est pas un aliment comme un autre, il ne doit donc pas être banalisé et sa consommation se doit d’être contrôlée. Car même si je vous répète régulièrement qu’aucun aliment n’est interdit, on est là dans une catégorie à part.

Que se passe-t-il dans notre corps quand on consomme de l’alcool ?

  • La première cible de l’alcool est notre cerveau, d’où les fameux effets que l’on perçoit sur notre comportement, nos réflexes, notre façon de parler, la vision… et de fait, cela crée des dommages à notre matière grise, particulièrement si l’alcool est consommé avant 25 ans alors que le cerveau n’a pas encore terminé sa maturation.
  • C’est un irritant pour les muqueuses avec lesquelles il entre en contact en particulier l’œsophage et rend la digestion difficile en causant notamment des remontées acides.
  • Il perturbe le rythme cardiaque.
  • Il épuise notre foie, cet organe chargé de nettoyer ce dont notre corps n’a pas besoin et l’alcool en fait partie. Lorsque celui-ci ne parvient plus à l’éliminer, il le stocke sous forme de graisses causant la stéatose hépatique, la maladie du foie gras (qui peut aussi survenir en dehors de toute consommation d’alcool mais du fait d’une alimentation trop riche en sucres).
  • Il fait grossir car l’alcool c’est du sucre et rien d’autre d’un point de vue macronutriments.

Quelle quantité consommer ?

La consommation d’alcool est délétère dès le premier verre, je sais ça fait mal à entendre mais il faut que ce soit dit. Une récente étude de l’Inserm a démontré que le fameux French paradox (selon lequel une consommation limitée et régulière d’alcool serait bénéfique) n’existe pas. Il nous arrangeait bien.
Mais bon, sans tomber dans la prohibition (on parle quand même d’un pan important de notre économie et parfois de notre mode de vie), il a quand même fallu fixer des seuils au-delà desquels la nocivité de la consommation d’alcool est avérée et peut même être considérée comme un critère de définition de l’alcoolisme (ce n’est pas le sujet ici, j’aborde la consommation d’alcool sous un angle non pathologique, car cela relève d’une prise en charge médicale en addictologie).

Pour en revenir à notre consommation, parlons chiffres histoire d’avoir des repères.

  • Les seuils fixés par l’OMS sont de 21 unités d’alcool par semaine pour les hommes (avec un maximum de 6 unités par prise) et de 14 unités par semaine pour les femmes (avec un maximum de 4 unités par prise) et 1 jour d’abstinence hebdomadaire.
  • Les recommandations récentes de Santé publique France sont de 10 verres par semaine avec un maximum de 2 verres par jour et 2 jours d’abstinence.

C’est un peu plus clair je trouve car la notion d’unité d’alcool peut être floue, 1 unité correspondant à 10g d’alcool pur soit un verre standard servi dans un bar (1 verre de vin de 10cl, une bière de 25cl, une coupe de champagne, 3cl d’alcool fort…).
On parle bien sûr de maximum, si vous ne les consommez pas, inutile d’augmenter les doses 🙂

Est-ce que certains alcools sont mieux que d’autres ?

  • Le vin contient en général moins de sucre et est moins calorique que la plupart des autres alcools et si on devait classer les vins, le plus light est le vin blanc sec, puis vient le rosé, ensuite le vin rouge et enfin les vins plus sucrés comme les vins moelleux.
  • Le champagne arrive juste après le vin dans ce classement
  • le pastis est à la fois faiblement calorique et peu sucré
  • Côté alcools forts, les vodka, gin, rhum, whisky posent surtout problème du fait des sodas, jus et sucres qu’on y ajoute
  • Quant à la bière c’est un des alcools les plus caloriques et les plus sucrés, un faux ami donc car on a tendance à penser qu’une petite bière c’est pas grand-chose.
  • Le cidre est relativement raisonnable à condition de le choisir brut.

Petit partage d’expérience personnelle

Je vous partage mon expérience personnelle en la matière, pour ce qu’elle vaut, c’est-à-dire que ce n’est pas un modèle, simplement ma façon de fonctionner et comment ma relation à l’alcool a évolué.
En introduction, il est important de préciser qu’en plus d’être française, je suis du Sud-Ouest, je vis même à Bordeaux… autant dire pas mal de raisons d’avoir une levée de coude souple et entrainée ! Le vin à table fait partie de mon paysage depuis toujours et j’avais pris pour habitude de boire un petit verre de vin le soir, tous les soirs, en cuisinant et en débriefant ma journée avec mon mari… A cette consommation quotidienne, s’ajoutaient les fréquents repas de famille, avec les copains ou au resto, les apéros et autres festivités et là forcément, le nombre de verres consommés augmentait légèrement…
Quand je me suis lancée dans mon rééquilibrage alimentaire, j’ai gardé cette petite habitude mais me penchant sur la question des méfaits de l’alcool que ce soit sur la silhouette ou la santé, je suis bien vite arrivée à la conclusion qu’il y avait là un vrai sujet et j’ai décidé de lever le pied.

Mon nouveau rythme :

  • à quelques exceptions près (nul n’est parfait), j’évite de boire de l’alcool en semaine
  • j’ai toujours une boisson fraiche et légère (c’est-dire pas une bombe de sucre) pour accompagner mon mari quand il boit son verre ou sa bière : eau aromatisée maison, thé glacé ou infusion fraiche maison, kombucha, kéfir…
  • le week-end, j’évite d’enchainer les repas arrosés, je reste raisonnable et je me retrouve d’ailleurs souvent capitaine de soirée, la responsabilité devenant un super garde-fou !

En résumé, sans sombrer dans la panique, on garde en tête que l’alcool n’est pas un aliment comme un autre, qu’il faut le consommer raisonnablement et même si possible réduire sa consommation :

  • Fixer des jours où on n’en boit pas
  • Se fixer des limites sur les repas arrosés, savourer et privilégier les alcools qu’on apprécie
  • Ne pas boire pour boire : si on n’en a pas envie ou qu’on nous propose un alcool qu’on n’apprécie pas, on n’en boit pas
  • Quand on est invité ou lorsqu’on reçoit on prévoit une boisson non alcoolisée comme un thé glacé maison, une eau aromatisée, un kombucha qui donnera une alternative autre qu’un soda ou de l’eau
  • Si on n’ose pas refuser, on se laisse servir et on ne boit pas son verre, personne ne le remarquera (ou on le boit très lentement, histoire d’éviter qu’on nous « refasse le niveau »)
  • Limiter les cocktails car riches en sucre
  • Mais savoir se faire plaisir sans arrière-pensée à l’occasion quand on en a envie !

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4 Commentaires

  1. Bonjour et merci pour cet article intéressant. Originaire de Bourgogne, Je suis comme vous, biberonnée au vin et habituée aux repas de famille arrosés… et j’aime aussi beaucoup boire un verre de vin ou un cocktail régulièrement mais
    on m’a diagnostiqué depuis peu une maladie auto-immune qui nécessite désormais un traitement médicamenteux incompatible avec l’alcool (ainsi que le café) et je dois donc changer et m’adapter… cela ne sera pas facile je le crains.

    1. Bonjour et merci pour ce témoignage.
      L’alcool est un sujet délicat dans notre société mais je trouve qu’on évolue bien ces derniers temps sur le sujet avec des alternatives de plus en sympas qui ne sont pas des sodas et des jus de fruits. Une moindre stigmatisation aussi des personnes qui n’en boivent pas.
      Après quand on aime ça, c’est vrai qu’un verre de bon vin accordé avec un petit plat fait partie de notre culture gastronomique et cesser toute consommation, quand ce n’est pas par choix, est un vrai challenge auquel je compatis.

      1. J’ai découvert aujourd’hui qu’il existe des vins sans alcool ( comme pour la bière) sauf qu’en fait, il y en reste quand même mais moins (7% ou moins)
        Je continue mes recherches…

        1. En effet, j’ai découvert la marque Le petit béret qui propose des vins sans alcool et c’est franchement pas mal.
          Sinon, j’aime bien le kombucha ou les boissons aromatisées au gingembre avec très peu de sucre (type ginger beer).

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